Portraits

Portrait - Lucie, artisane polyvalente adhérente COBAT

Mis à jour le 16/01/2025

Lucie Drouet

Si Lucie Drouet, devenue menuisière à 34 ans, se prête à l’exercice de l’interview, c’est avant tout pour contribuer à faire avancer les mentalités et peut-être susciter des vocations.

Elle évoque le parcours qui l’a menée vers le bâtiment, où les femmes sont très peu représentées : « Le problème commence dès l’orientation, témoigne-t-elle. Les jeunes filles envisagent peu les carrières dites “manuelles”, et y sont rarement encouragées. » Son cheminement en atteste. Alors qu’elle « voulait travailler dans le bâtiment », elle entame sa vie professionnelle comme vendeuse en magasin de jouets. Diplômée d’un BTS Management des unités commerciales, Lucie se rapproche par la suite de ses aspirations en devenant commerciale sédentaire, puis cheffe produit pour un distributeur de quincaillerie professionnelle, pendant 10 ans.

Lucie Drouet

En 2021, son compagnon, Maxime Padois, crée Menuiserie de la Vègre, une entreprise située à Chassillé, près du Mans (72). « Je me suis investie sur la partie administrative en même temps que j’acceptais un poste de responsable d’agence pour un distributeur de matériel électrique. » Mais la charge de travail se révèle trop importante, malgré une tentative en temps partiel. « Avec Maxime, nous avions envie de me trouver une place sur son projet, et un matin, je me suis réveillée avec cette idée de formation en menuiserie. Cela a d’abord représenté beaucoup de stress de quitter une place confortable en termes de rémunération. » Et même si son nouveau métier « n’est pas de tout repos », elle ne regrette pas sa décision et apprécie son « quotidien qui n’est jamais le même ». 

Maxime Padois et Lucie Drouet

« Je travaille à 100% dans l’entreprise maintenant, à la fois sur le terrain, les devis, la gestion administrative et la communication (secondée par ma petite sœur). C’est plus qu’un projet professionnel, c’est un projet de vie », exprime Lucie, qui évoque aussi les nombreuses heures de travail, l’effort physique qui sculpte son corps, l’équilibre à trouver avec leur petite fille de bientôt six ans, et son autonomie à développer. « Notre entreprise est toute récente, je débute dans le métier, tout comme l’apprenti qui nous a rejoint. »

Lucie Drouet

Pour faciliter leur lancement, Lucie et Maxime ont eu la chance de trouver un atelier fonctionnel mis à la location par un ancien menuisier. Ils disposent ainsi de toutes les machines nécessaires pour répondre aux demandes d’aménagements intérieurs, de fabrication et pose de portes, de fenêtres, d’escaliers, et de création de mobilier (meubles, tables, etc.).

« J’ai été formée au négoce, mais j’ai l’âme coopérative »

Lucie Drouet

Ils peuvent aussi compter sur le soutien de leur coopérative, avec laquelle Lucie partage pleinement la valeur du service. « J’ai été formée au négoce, mais j’ai l’âme coopérative », résume-t-elle avant de poursuivre sur les avantages de leur adhésion : « Nous sommes fiers d’envoyer nos clients à la salle d’exposition ; leurs retours sont positifs, les projets se concrétisent. Notre camion, floqué Artisans Artipôle, est notre meilleure publicité. COBAT nous apporte du réseau, des échanges sur les bonnes pratiques, des formations de qualité. Nous nous sentons moins seuls, c’est comme une grande famille. La coopérative a aussi lancé les réunions de femmes, qui nous permettent d’échanger sur les aspects administratifs. » » Et si certaines expriment leur étonnement face au statut de “femme de terrain” de Lucie, d’autres y pensent de plus en plus face à la pénurie de main d’œuvre.

Lucie Drouet